Keep and Carry

By Jean-Baptiste de Decker ·

Dragon à l’envers.

Il fume un gros cigare dans le salon,
Il a laissé poussé sa barbe, il a les cheveux longs.
Le soleil au bout de ses lèvres.
Il respire le feu,
et crache la fumée :
comme un dragon a l’envers.

Apr 28, 2013

Le premier mercredi du mois.

Il est à son bureau quand la sirène retentit. Son cœur s’accélère. Le bruit strident envahit tout l’espace. Il regarde le visage de ses collègues. Ils sont calmes et posés. Nous sommes le premier mercredi du mois. L’alarme s’arrête et il reprend son travail.

Il aimerait pouvoir vivre dans l’urgence du moment, sauf que ses moments à lui ne réclament aucune urgence. Il ne sera le héros d’aucune histoire, et l’Histoire, la grande, se souviendra de son époque comme une époque calme, sans guerre, politiquement stable et relativement heureuse.

Il se dit que les gens parlent sans se parler, et se déplacent sans avancer.

Mar 06, 2013

Feb 04, 2013

J’aime les photos d’amour et de guerre.

Au bar de l’hôtel ils parlèrent d’amour et de guerre. Entre deux verres de vodka sèche, il lui toucha la jambe, et lui caressa la dentelle de sa robe noire. Sa blondeur platine s’estompait sous l’éclairage tamisée. Sous l’effet de l’alcool, son léger strabisme caché dans le charme de ces yeux noir ce faisait plus visible. Ils étaient un peu ivre quand le barman passa Daydream. « Daydream I fell asleep amid the flowers, for a couple of hour on a beautiful day ». Il s’agrippa à elle est ils commencèrent à danser. Elle lui susurra quelques mots, perdus dans le bruit ambiant. Le rythme lancinant les fit tituber. « And then when I kissed you and held you so near tell me why, tell me why you’re so shy? » Après un baiser perdu, ils sortirent du bar. Après quelques mots, qui furent l’expression d’un malentendu, il s’approcha d’elle, huma son parfum en s’en alla heureux.

image

Feb 03, 2013

(Source: unabletoventure, via blkfivedelta)

Feb 03, 2013

(Source: linxspiration, via blkfivedelta)

Feb 03, 2013

(Source: airows, via blkfivedelta)

Feb 03, 2013

(Source: gangstertrippin, via pcanov)

Nov 11, 2012

kamelpoetry:

Paul Klee - chemins (1929)

kamelpoetry:

Paul Klee - chemins (1929)

Jun 25, 2012

Le vieil Homme

Et de plus en plus il lui sembler que le vieux n’était pas qu’un visiteur de passage. À chaque kilomètres parcourus, il semblait vieillir un peu plus, il avait voulue revoir le désert une dernière fois. C’était chose faite. Alors que les rides de ce vieil homme semblaient se creuser de plus en plus sur son visage fatigué, il ne cessait de se demander si il n’y avait pas une raison à cette rencontre. La nuit commençait a tomber mais cela faisait longtemps que le vieil homme c’était endormie. Et avachie sur le siège la tête contre la vitre, semblait se dessiner sur son visage un certain air de calme de sérénité. Il avait l’air heureux. Cette vision, il ne l’oubliera jamais.

Joseph roulait depuis plusieurs heures quand il rencontra le vieil homme. C’était il y a 3 jours sur une petite aire d’autoroute. Il y faisait déjà très chaud et l’air était très sec, il faut dire qu’on était plus très loin du désert et que le soleil allait arriver au zénith. Il remarqua le vieux quand il alla payer le pompiste pour l’essence qu’il venait d’acheter. Il était en train d’emmerder un jeune qui achetait des plans pour la route. Joseph, ça l’avait fait marrer. L’autre, le vieux avait surement du être beau à un moment, ça se voyait. Il avait cette profonde élégance qu’on certains vieillards, ce désespoir magnifique qui apparaît sur les rides de leurs peaux, marques du temps et signe que leur existence arrive à sa fin et qu’ils le savent. Il portait un vieux costume noir sale et poussiéreux. Après que le jeune l’ai laissé là, seul, Joseph ne pu s’empêcher d’aller lui parler.
- Vous allez bien monsieur ?
Et après quelques brèves secondes le vieux le fixa avant de lui demander :
- Et toi ? Tu vas bien ?
- Je ne sais pas vraiment…
- C’est une réponse stupide. Ou vas tu ?
- Il faut que je traverse le désert, je dois aller de l’autre coté… Et toi ?
- Je dois voire le désert.

Joseph savait pas trop pourquoi il l’avait pris avec lui. Peut être par pitié, ou peut être parce qu’il lui rappeler quelqu’un… Il avait compté qu’ils leurs faudrait 3 jours pour sortir du désert. Quant la première soirée arriva, il décida qu’ils dormiraient dans la voiture sur le parking d’une aire de repos. Il donna une couverture au vieux et l’installa sur la banquette arrière, lui il dormirais devant, ça le dérangeais pas et puis il n’avait pas vraiment sommeil de toute façon, sa faisait plusieurs jours qu’il avait mal dormi.
Quelques heures après le coucher du soleil, ne trouvant toujours pas le sommeil, il décida de sortir pour aller se prendre un trucs a manger ou a boire dans la station service. Il se leva tout doucement et pris garde de fermer la porte discrètement pour ne pas réveiller le vieux.

Il se souvenait assez bien du jour ou il avait décidé de partir. Il avait passé un long week-end, seul dans son appartement et le soir venue, il avait été pris d’une envie de marcher. Il y avait de l’orage. Le genre d’orage d’été qui libère de la chaleur écrasante de la journée. En s’arrêtant a une station de métro il avait observé une fille incroyablement belle. Pas très grande une belle chevelure blonde, des pommettes coupés au couteau, et des yeux marrons en amendes. Il l’observait, lui jetant des regards sans grand espoir qu’elle ne les lui renvois, elle quitta la rame au bout de quelque station. Cette instant d’une beauté primaire avait suffi à l’égayer un petit peu. En rentrant chez lui il appela sa soeur et il lui promis qu’il serait là.

« Pourquoi est ce que tu vas dans le désert ? » C’était une des premières questions que le vieux lui avait posé alors qu’ils était sur la route. Le jeune lui répondis qu’il avait une affaire a régler, que c’était compliqué et il lui demanda a son tours pourquoi le vieux devait voir le désert.
- Parce que je vais mourir.

Le matin du deuxième jours, juste avant que le soleil ne se lève, les compagnons reprirent leur route. Le jeune adorait les levés de soleil. Il adorait observer le réveil du ciel, sentir la douceur du matin. Dans le désert, les matins sont les moment les plus agréables, on en a fini avec le froid de la nuit, et la chaleur écrasante de l’après-midi ne se fait pas encore sentir. Ils ne se parlaient pas beaucoup, le vieux semblait très discret, il ne donnait que très peu d’informations sur lui « je ne suis pas très intéressant » disait-il assez souvent. Il ne voulait pas paraître, comme un de ses «vieux dégueulasses qui racontent leurs problèmes en permanence », il était vieux, il s’avait qu’il allait bientôt mourir, il le répétait d’ailleurs assez souvent, c’était ça son seule vrai problème.

« Ce qui me fait vraiment peur, c’est de regretter la lumière. » expliquait-il. C’est ce qu’il aimait dans le désert. Cette lumière immaculé qui frappe la vue, qui brule les yeux et qui aveugle presque.
- Dis moi c’est quoi cette affaire a régler qui t’oblige a traverser ces limbes avec un vieillard comme moi ?
- Un problème familial, j’ai promis à ma soeur que je serais là.
- Et pourquoi est ce que tu passes par le désert ?
- Parce que c’est vide. Il n’y a personne ici… je supporte de moins en moins les gens.
- Les vrais humanistes ne supportent jamais vraiment les gens. »

Petit a petit, au cours de la journée, les deux compagnons s’ouvraient de plus en plus a la conversation. Toute sorte de sujets était abordés.

- Tu as une petite amie ? Lui demanda le vieux
- Ouais on peut dire ça. Elle te plairait pas…
- Pourquoi ça ? Elle est laide ?
- ha ha non, laide on peut pas dire ça… C’est une fille triste.
- Tu l’aimes ?
- Je sais pas.
- Pourquoi elle est pas avec toi ?
- Elle a pas voulu me suivre… Et toi ? Tu es marié ?
- Oui, il y a longtemps…
Joseph ne le questionna pas plus, il ne voulait pas s’aventurer sur le terrain du temps passé ou du temps qui passe, le vieux non plus ne voulait pas.

Sur la route en début de soirée, Ils trouvèrent un motel, dans lequel ils pourraient passer la nuit. En arrivant ils avaient un peu faim et allèrent manger à la cantine du motel. Ils étaient installé à coté d’une famille, les enfants jouaient ensemble, ils se couraient après dans toute la salle et les parents avait visiblement l’air excédé. La petite fille riait très fort, elle regardait Joseph pour lui faire des grimaces. Ces parents s’énervèrent contre elle et s’excusèrent auprès de lui. Joseph leur dis que se n’était rien, et que leur fille était très belle. Au bout de quelque temps et après d’autres grimaces Joseph prit un bout de papier et en fit un petit avion qu’il envoya sur la fillette, elle joua avec et le montra à son frère. Les grimaces s’arrêtèrent pour faire place à cet air pleins de gène et d’affection retenue, l’air que prennent les enfants lorsqu’ils obtiennent la considération qu’ils cherchaient à recevoir d’un grand. Le reste du diner fut tranquille. Après avoir payé l’addition ils allèrent se coucher. Leur chambre donnait sur le désert. La lune n’était pas encore pleine, elle le serait dans quelques jours, cependant sa lumière blafarde se reflétait tout de même sur le sable. La nuit leur fut très agréable. Bien que d’un confort relatif, le matelas de leurs lits l’était bien plus que les fauteuil de la voiture.

Le lendemain après avoir déjeuner au motel, ils reprirent la route. Quelques heures plus tard, en début de soirée la voiture fit un bruit bizarre, puis après quelques centaines de mètre, le moteur s’arrêta complètement, dans un bruit absurde. Après avoir jeté un coup d’oeil derrière le capot, Joseph appela un service de dépannage. Malgré plusieurs tentatives, on lui expliqua, qu’il était trop tard que la nuit allait tomber et qu’ils étaient en sous effectif, et que par conséquent ils devraient patienter jusqu’au matin. Tout d’un coup, sans prévenir comme si toute la pression accumulé durant ces derniers jours explosait tout d’un coup, Joseph devint fout de rage. Ils devront passer la nuit ici. Il avait envie de les tuer, ils auraient pas pu arriver plus tôt ? Ça leur aurait fait mal de se bouger un peu ? « Calme toi mon garçon, il n’y as rien a faire ici, et si tu veux continuer a hurler contre le ciel, va plus loin, tes cris me fatigue »
- Laisse moi ! Tu n’a même pas idée de pourquoi est ce que je suis là ! Laisse ceux qui sont encore vivant hurler tant qu’ils peuvent, parce que c’est tout ce qu’il me reste maintenant ! hurler ! hurler contre le ciel, hurler contre ce foutu désert ! hurler contre ce putain de voyage ! Contre cette putain de vie ! Qu’est ce que tu connais à la vie hein ? Regarde toi tu es déjà mort ! Laisse les vivants en paix.
- Tu as fini ?
Le jeune repris son calme, et poursuivi : «  Jamais j’y arriverais a temps ». Le soleil commençait a tomber, le vent était de plus en plus présent, la fraicheur de la soirée laissa la place au froid de la nuit et Joseph alla s’assoir sur une roche non loin. Le vieux ne tarda pas à le rejoindre. « Jamais j’y serais à temps » il répéta.

Lorsqu’ils purent reprendre leur route, après le passage d’un dépanneur dans la mâtiné. Ils restèrent très silencieux pendant les premières heures jusqu’à ce que Joseph s’excuse pour la veille. Le vieux ne lui en voulait pas, il lui répéta encore qu’il allait mourir bientôt.
- Arrête de répéter ça tu emmerdes, moi aussi je vais mourir, on va tous mourir.
- Ah mais c’est pas pareil ! Ça fait bien de dire ça quand on est jeune. Ça fait romantique désespéré. Mais quand tu deviens vieux, là c’est plus pareil… tu la ramènes moins.
- Tu la ramène beaucoup pour quelqu’un qui la ramène moins. C’est pas parce que tu parle tout le temps de la mort que tu en auras moins peur.

Joseph roulait vite, de plus en plus vite et le vieil homme commença à s’endormir. Et de plus en plus il lui sembler que le vieux n’était pas qu’un visiteur de passage. À chaque kilomètres parcourue, il semblait vieillir un peu plus, il avait voulue revoir le désert une dernière fois. C’était chose faite. Alors que les rides de ce vieil homme semblaient se creuser de plus en plus sur son visage fatigué, il ne cessait de se demander si il n’y avait pas une raison à cette rencontre. La nuit commençait a tomber mais cela faisait longtemps que le vieil homme c’était endormie. Et avachie sur le siège la tête contre la vitre, semblait se dessiner sur son visage un certain air de calme de sérénité. Il avait l’air heureux. Cette vision, il ne l’oubliera jamais.

Lorsqu’il descendit de la voiture, le vieux y dormait encore. Il était en retard, sa soeur Suzanne le vit arriver et alla l’embrasser, puis ils rejoignirent ceux qui étaient venus. Face à la tombe ils se soutenaient mutuellement, sentant que si l’un d’eux tombait, l’autre faillirait.

- Maman n’a pas pu venir ? Demanda Joseph à sa sœur

- Elle est injoignable tu la connais, elle ne sait même pas que Papa est mort.

Après la cérémonie, ils repartirent vers sa voiture, le vieux n’était plus là, il demanda a sa soeur si elle l’avait vu. «Tu étais tout seul non ? » lui répondit elle. Alors il lança un regard vers le ciel et sourit.

Jun 19, 2012